Patrice Emery Lumumba

Notre doctrine fondamentale est basée sur la non-violence
"Patrice Lumumba, la dimension d'un tribun nonviolent" (pages 7 et 8)

On a voulu à tout prix m'arrêter. L'administration locale a monté de toutes pièces des complots. On nous a envoyé un émissaire de la Sûreté. (...) Et, immédiatement après, on a lancé à ma charge un mandat d'amener. (...) Et alors, on m'a jeté en prison.

On m'a arrêté brutalement, on m'a jeté dans un petit cachot noir, on m'a fait coucher sur des planches et ce n'est que lorsque j'ai protesté et que j'ai demandé une couverture qu'on m'en a donné une.

(...) On a tout fait pour briser mon moral, mais je savais que, dans tous les pays du monde, la liberté est l'idéal pour lequel, de tout temps, tous les hommes ont su combattre et mourir.

Ayant fait un choix: celui de servir ma patrie, (...) j'ai été bafoué, vilipendé, traîné dans la boue, tout simplement parce que j'ai revendiqué la liberté pour notre pays.

Je n'ai jamais été contre les blancs, je n'ai jamais été contre les hommes, mais contre quoi je me suis toujours insurgé, c'est contre l'injustice, c'est contre ce régime qui était dépassé. (...)

Mais au Congo, depuis des années, pour avoir la sympathie de l'administration et de certains milieux coloniaux, il nous faut toujours faire des courbettes. Il faut toujours dire amen, il faut toujours dire oui là où il faut dire non mais, quand on veut défendre son pays, quand on veut défendre la cause de la liberté, immédiatement on vous affiche une étiquette: révolutionnaire, excitateur, voyou, toutes les étiquettes possibles.

Ce recit, Patrice Lumumba l'a fait à Bruxelles aux "Amis de Présence Africaine" en janvier 1960.